Tracé prévisionnel du Sentier Patrimonial :

A partir d'un même constat, la Municipalité de Saint-Sébastien-d'Aigrefeuille, l'association L'Aigrefeuille et l'Association de Défense de la Vallée de l'Amous se sont  rejointes sur un projet  de mise en valeur du patrimoine. Cette démarche s'est concrétisée suite à l'appel à projet du GAL Cévennes*, qui offre la possibilité de réaliser des projets de réhabilitation du patrimoine local, culturel, historique et naturel, dans un but économique à travers un développement touristique. Dans notre cas, ce projet, qui remonte à plusieurs années, est fortement souhaité par les habitants et va enfin se réaliser, grâce aux financements combinés de plusieurs organismes.

 

* Le Groupe d'Action Locale Cévennes (GAL) regroupe  8 communautés de communes (Piémont Cévenol, Vivre en Cévennes, Hautes Cévennes, Cèze Cévennes, Cévennes gangeoises et suménoises, Pays Grand'Combien, Causses Aoigoual Cévennes Terres solidaires, Pays Viganais)  et 1 communauté d'agglomération:  l' Agglomération d’Alès.

 

Saint Sébastien d'Aigrefeuille, à 10 mn d'Alès et d'Anduze en voiture, comprend un ensemble de petits hameaux et de vieux mas éparpillés dans un vaste berceau qui monte vers les Cévennes en un paysage naturel remarquablement préservé au bout de la vallée d'Anduze. Son petit patrimoine bâti raconte sa riche histoire sur d’anciens sentiers qui sillonnent la commune.

Le « Château » au hameau du Ranc

 

  • Objectifs du projet

Il s'agit de sécuriser, sauver, consolider, restaurer notre patrimoine en péril, tout en faisant ressortir l’histoire économique et naturelle de notre vallée :

 

les calades : l’une partant de la rivière Amous vers la gleizasse, l’autre reliant le hameau de La Fabrègue à un gué traversant l’Amous, se trouvent sur notre tracé.

- les installations hydrauliques : notre sentier longe un très ancien aqueduc (parfois entremêlé à un imposant chaos rocheux), qui captait l’eau dans la rivière Amous et se prolongeait par un canal de 1,2 km jusqu’au château d’Aigrefeuille qu’il approvisionnait, permettant aussi l’agriculture sur une partie des terres autour du château. Une mine à eau encore en état complétait ce système et permettait de puiser et/ou diriger l’eau vers les terres situées en amont des précédentes.

- les fours à chaux, indispensables à la construction de tous les bâtiments, les anciennes exploitations minières dont il subsiste les traces, nécessitaient une bonne gestion de la ressource en eau.

le Castellas : tour bermonde du XIIème siècle, dernière tour seigneuriale sauvable de la vallée d'Anduze et non incluse dans un ensemble plus tardif, point stratégique d’où toutes les activités minières, industrielles, agricoles et hydrauliques de la vallée pouvaient être surveillées.

 

Notre objectif est aussi de dynamiser économiquement ce territoire par une  fréquentation accrue de notre patrimoine déjà en bon état :

 

- le hameau du Ranc avec le Château et le Temple, récemment restauré à l'intérieur de manière exceptionnelle et devenu un lieu reconnu  d'expositions et de spectacles,

- le hameau de La Fabrègue, récemment restauré, avec son remarquable couvert (le plus long des Cévennes, dit-on, et en tout cas de l’Agglo) et son point multi-services placé au point central du sentier (restauration, bar, épicerie, animations, ...).

- des gîtes et chambres d'hôtes dans un cadre naturel d'exception, etc.

Le Castellas – XIIème siècle

Il  s'agit aussi … :

- de pérenniser la connaissance de notre histoire locale, encore très vive dans la mémoire de nos anciens et des historiens de nos deux associations, de la garder vivante et de la faire connaître "concrètement" aux générations futures.

- d'augmenter la notoriété de notre bout du monde toujours prêt à accueillir, selon une longue tradition cévenole, afin de stimuler la création et le développement de petites structures d'accueil chez l'habitant.

- au-delà, le sentier patrimonial s’inscrit naturellement dans le dossier GSO (Grand Site d'Occitanie) porté par la Région et l’enrichira en prolongeant un fort attrait touristique jusqu’à l’extrémité de la vallée d’Anduze.

- de développer le partage : entre les habitants très motivés pour participer au projet, avec les habitants des villes voisines qui viendront se promener dans des lieux très séduisants, avec les visiteurs venus de loin se ressourcer dans notre cadre serein tout en découvrant notre culture cévenole.

 

  • Les aménagements requis

 

La mise en valeur de ce circuit requiert un certain nombre d'aménagements qui ont fait l'objet d'un recensement exhaustif et qui portent sur les points suivants :

 - Plusieurs chantiers de restauration du petit patrimoine bâti en partie réalisés par FAIRE, association de réinsertion, sous le contrôle de spécialistes compétents : castellas, calades nécessaires à la continuité du sentier.

- La construction d’une passerelle en bas de la calade de La Fabrègue afin de rétablir a traversée de l’Amous, là où se trouvait un gué.

- Le balisage du sentier traçant un circuit en 8 (2 boucles de 2,2 et 2,8 km) qui dessert une importante partie de ce patrimoine et de ses très beaux sites : château, four à chaux, mine à eau, calades, l'aqueduc ; les gours Naouchou avec cascades et baignades, la falaise (livre ouvert sur notre histoire géologique) ; puis hameau de La Fabrègue, calade 2 et four à chaux 2, le Castellas, le carreau de la mine …

- La pose d'une dizaine de panneaux d'interprétation pour faire comprendre et aimer ces lieux très riches d'enseignements et d'anecdotes sur notre histoire, les techniques artisanales et industrielles (gestion de l'eau et ce qui en dépend : exploitation minière, agriculture et faïsses, production de la soie, …), la nature végétale, la géologie à travers les lieux d’effondrements suite au travail d’infiltration et d’érosion de l’eau, …

 

En outre, le projet soutenu par les associations L'Aigrefeuille et l'ADPVA prendra appui sur leurs bénévoles pour les travaux de débroussaillage, éclaircissages en forêt, et sur leurs historiens locaux pour les actions de communication (prospects, panneaux d'interprétation, l'accompagnement de groupes, animations, ...).

 

Parmi ces aménagements, certains chantiers présentent des enjeux importants. Ce sont des monuments laissés à l’abandon et qui nécessitent des interventions majeures :

 

- concernant les calades : elles longent et protègent un ruisseau qui canalisait toute l’eau du versant jusqu’à la rivière Amous, et qui nécessitent une restauration, voire une importante reconstruction de certains passages,

- concernant le gué sur l’Amous : autrefois très emprunté, il a été laissé à l’abandon. Nécessaire pour franchir la rivière sur le tracé de notre sentier, il est à reconstituer en totalité et à sécuriser, ou à remplacer par la construction d‘une passerelle en harmonie avec le paysage.

- concernant le Castellas : dans l’immédiat, étude préalable, travaux de mise en sécurité, puis aussitôt de préservation de l’existant.

 

  • Les points forts du projet

 

- Ce projet bénéficie d'une dynamique et d'un engagement fort autour du partenariat entre la Municipalité et le tissu associatif.

- Lors d'une réunion publique de présentation du projet le 13 juin 2018, plus d'une cinquantaine d'habitants furent présents, dont des représentants de groupements sportifs (VTT, randonnée…) et culturels, propriétaires d’hébergements, etc.

- Il s'appuie entre autres sur un réseau d'adhérents qui sont historiens locaux,  archéologue médiéviste universitaire, spécialistes de l'environnement (biodiversité, géologie, etc..), journaliste, et qui seront une ressource présente sur le terrain à la mesure de la vitalité du projet.

- Le projet de circuit  (un huit de 5 km en deux boucles de 2,2 et 2,8 km) s'appuie sur  un tracé de sentiers déjà existants, presque tous publics et en très grande partie déjà balisés.

 

  • Les autres partenaires du projet

 

Le projet bénéficie de l'expertise des services de l'Agglomération du Grand Alès, en l’occurrence le "Service Développement et promotion des Sentiers de randonnée", des techniciens du GAL,  de la responsable de l'Inventaire du Patrimoine,  et pour certains aspects patrimoniaux par  le  Pôle Temps Libre de l'Agglo.

Par ailleurs, M. Nicolas Faucherre, Professeur des universités en histoire de l’art médiéval à Aix-Marseille Université, archéologue en activité, expert auprès de l’UNESCO pour le patrimoine fortifié, adhérent de L'Aigrefeuille, nous accompagne dans notre démarche.