Saint-Sébastien d’Aigrefeuille possède un passé marqué par le protestantisme, l’exploitation minière, une agriculture diversifiée de montagne, un pastoralisme longtemps adapté aux difficultés géographiques, un système seigneurial qui a façonné la répartition de l’habitat...

Nombre d’entre vous possède des informations sur le passé de la commune : photographies, actes notariés, témoignages d’un vécu, etc.

Cette mémoire est fondamentale et très précieuse pour comprendre l’origine de notre commune, son histoire, son évolution au fil des siècles ainsi que son organisation humaine et architecturale.

Cependant, cette richesse historique risque de disparaître rapidement si nous n’entreprenons rien pour la préserver. La commune nous semble légitime pour assurer la sauvegarde du patrimoine agrifolien et le valoriser.

« L'avenir est une porte, le passé en est la clé » Victor Hugo


Types de documents recherchés :

Tout nous intéresse ! tout type de documents (photos, cartes, actes notariés, témoignages oraux, etc.) ainsi que toutes les époques et tous les thèmes ayant trait à l’histoire de Saint Sébastien d’Aigrefeuille : Moyen-Age, 1ère guerre mondiale, seconde guerre mondiale, histoire de la mine, cartographies de la commune, etc.

Les modalités de la collecte :

Vous pouvez nous transmettre des documents originaux ou des copies, des interviews audios et/ou vidéos peuvent également être réalisés. A cette fin, un microphone et un caméscope peuvent être utilisés avec un représentant de la mairie.

Un formulaire devra être complété pour contractualiser le don ; il précisera les modalités d’utilisation des dons (supports de reproduction, durée, etc.) ; 2 formulaires distincts sont utilisables : un formulaire concernant les dons d’archives privées et un autre concernant les témoignages oraux. Vous pouvez les retirer en Mairie ou les télécharger ci-dessous :

Convention d'archives privées : ico file Convention de don d'archives privées.docx.pdf (pdf - 115.77ko)

Conventions de don d'un témoignage oral : ico file Convention de don d'un témoignage oral.docx.pdf (pdf - 217.17ko)

Restitution auprès des habitants :

Nous vous tiendrons régulièrement informés de l’avancée de notre collecte et de nos découvertes dans le bulletin municipal ou sous d’autres formes (exposition, etc.).

Nous comptons sur vous pour participer à la sauvegarde de la mémoire de notre commune !


Vous vous souvenez sans doute de l’appel passé dans le bulletin municipal de juin 2020 concernant la recherche du mas qui a abrité en 1942 une jeune femme et des enfants juifs.

Voici la genèse de cette recherche et son aboutissement…

Au début de l’été, nous avons appris que Mme Cohen, une jeune veuve et ses trois enfants, s’étaient réfugiés sur notre commune grâce à la découverte de sa pièce d’identité délivrée en 1944 à Saint Sébastien d’Aigrefeuille.

Au vu de ce document, il était en effet manifeste que la commune, par l’action de son Maire, M. Emile Gascuel (remplaçant à l’époque le Maire, M. Mazel, déporté à Dachau avec son adjoint M. Laporte), de son secrétaire, M. Edmond Crouzet, et de son cantonnier, M. André Boisset, avait voulu protéger Mme Cohen et ses 3 enfants. En délivrant la pièce d’identité, le tampon « juif » obligatoire n’a pas été apposé et le nom de jeune fille a été mis en exergue à la place de son nom de veuve.

Par leur action conjuguée, et au plus fort des persécutions, rafles et exécutions sommaires, ils ont contribué à les sauver. Cette famille juive ainsi que d’autres personnes pourchassées en raison de leur religion ou de leurs appartenances politiques ont ainsi pu trouver dans notre commune asile et protection, des valeurs héritées de la longue tradition de résistance cévenole qui a su perdurer à travers les siècles.

Suite aux recherches entreprises par les Archives départementales du Gard et grâce à l’intervention de sa Directrice Mme Bugat, les fiches d’identification de Mme Cohen et de ses 3 enfants furent découvertes dans le fonds du Cabinet du préfet pour la période 1939-1945. De précieux renseignements furent ainsi mis au jour comme la date d’arrivée dans le Gard, octobre 1942, ainsi que la profession de Mme Cohen, Déléguée de la Direction de l’OSE, l’Oeuvre de Secours aux Enfants. Cette information corroborait le souvenir d’un regroupement d’enfants à Saint Sébastien d’Aigrefeuille.  

Par un heureux concours de circonstances, contact fut pris dans le courant de l’été avec M. Patrick Cabanel, historien et directeur d’études à l’EPHE, l’Ecole pratique des hautes études. Dans son ouvrage « Nous devions le faire, nous l’avons fait, c’est tout. Cévennes, l’histoire d’une terre de refuge, 1940-1944 (Alcide, 2018), il évoque nommément Mme Cohen et d’autres personnes cachées dans un Mas dit « La Maisonnée » dans le hameau de la Frigoule.

Lors de la dernière venue de son fils, M. Cohen, le mas fut identifié. Il s’agit de l’actuel Mas Jean Laporte. Les propriétaires ne sont pas ceux de l’époque mais avaient eu la confirmation lors de leur installation que ce mas avait été un lieu de refuge pour des enfants juifs. M.Cohen n’a eu de cesse au cours de ses deux séjours à Saint Sébastien d’Aigrefeuille de mettre à l’honneur les agrifoliens qui, par leur action courageuse, ont permis à sa mère, à ses sœurs, à lui-même et à de nombreux autres enfants juifs d’échapper à la barbarie nazie. Au cours de son dernier séjour parmi nous, il a ainsi pu remercier personnellement une partie des descendants de nos responsables municipaux de l’époque et faire un pèlerinage à la maison qui a protégé sa famille.

Au nom de sa courageuse mère et de ses sœurs, M. Cohen a prié notre Conseil Municipal de remercier tous les agrifoliens qu'il tient à honorer pour leur solidarité, leur courage et leur générosité. Il salue également tous ceux qui restent attentifs et actifs afin que nos nouvelles générations n'endurent point de nouvelles tyrannies et persécutions raciales. A cet effet, il cite le vieil adage :

''Les peuples qui ne réfléchissent pas sur leur passé sont condamnés à le revivre.''